Darfour: Chronologie d'une tuerie
Voici une chronologie de l’histoire du Darfour et du génocide que le gouvernement Soudanais et ses milices Janjawids perpétuent.
2007
Mai :
La Cour pénale internationale lance deux mandats d’arrêt contre les responsables soudanais inculpés en janvier de crimes de guerre et crimes contre l'humanité.
Accusée de soutien aveugle au régime de Khartoum, la Chine annonce sa participation à une mission de paix au Darfour, avec l’envoi d’« une équipe de techniciens ».
Avril :
Le Soudan affirme qu'il accepte le déploiement au Darfour de quelque 3 000 membres de l’ONU pour venir en aide aux 7 000 hommes de l’Union africaine (UA).
Mars :
La mission d'évaluation sur le Darfour, décidée par le Conseil des droits de l'homme en décembre 2006, remet un rapport accusant Khartoum d'avoir, en armant et en agissant avec les milices Janjawids contre les rebelles, «orchestré et participé» à des crimes de guerre et crimes contre l'humanité.
Février :
Le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno-Ocampo, inculpe 2 responsables soudanais pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre dans la crise du Darfour.
20 février:
Omar el-Bechir à Tripoli pour une réunion incluant des rebelles non signataires de l'accord de paix.
16 février :
Le président soudanais Omar el-Bechir réaffirme que le maintien de la paix est du ressort de l'UA et que l'ONU ne doit y avoir qu'un rôle de "soutien logistique et technique". Il réitère le refus du Soudan d'accorder des visas à une mission onusienne sur les droits de l'Homme.
5 février:
Le Soudan, le Tchad et la Centrafrique signent un accord les engageant à ne pas soutenir de rébellions à partir de leur territoire, en marge du sommet Afrique France à Cannes (sud de la France).
31 janvier :
Selon le HCR, le Darfour recense actuellement près de 2 millions de personnes déplacées, dont 250 000 qui ont fui les combats et la violence au cours des six derniers mois.
29 janvier :
A l'ouverture du 8e Sommet de l'Union africaine (UA) à Addis-Abeba, le président de la commission de l'UA, Alpha Oumar Konaré, a demandé aux autorités soudanaises d'"arrêter les massacres et les bombardements" au Darfour. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, appelle à "construire un consensus pour le déploiement urgent d'une force ONU-UA", en précisant : "Nous devons travailler ensemble [et] nous attaquer à la dimension régionale de la crise."
17 janvier :
Plusieurs agences de l'ONU affirment qu'elles ne pourront pas poursuivre leurs opérations si la situation se détériore. 12 travailleurs humanitaires ont été tués en six mois.
2006
3 décembre :
Session extraordinaire du Conseil des droits de l'homme de l'ONU sur le Darfour à Genève. Dans une résolution adoptée par consensus, les 47 membres du Conseil décident d'envoyer une "mission de haut niveau" pour évaluer la situation des droits de l'homme au Darfour et les besoins du Soudan sur ce sujet.
17 novembre :
Extension du conflit, la crise du Darfour s'étend au Tchad et au Centrafrique. Des attaques dans les camps de réfugiés au Tchad sont rapportées. Les milices armées opèrent comme au Darfour : viols de femmes et exactions commises sur des enfants. Le 17 novembre, un plan de paix prévoit l'envoi d'une force mixte UA-ONU.
Octobre/novembre :
La crise du Darfour s'étend au Tchad voisin et à la Centrafrique. Des cas d'attaques récurrentes dans les camps de réfugiés au Tchad sont rapportés. Les mêmes modes opératoires que ceux observés au Darfour sont employés par les milices armées. Viols de femmes et exactions commises sans distinction, notamment sur des enfants, sont à déplorer chaque semaine.
17 septembre :La journée Mondiale pour le Darfour a vu s'organiser en divers points du globe des manifestations en faveur des populations de la région ouest soudanaise. Cette mobilisation d'envergure internationale avait pour objectif celui de la sensibilisation de l'opinion publique mondiale
31 août :
Le conseil de sécurité adopte la résolution 1706 pour prendre la relève de l'Union Africaine. Le gouvernement soudanais rejette la proposition (même si en pratique son application ne nécessite pas l'accord du gouvernement). À la faveur de cette résolution, le contingent des Casques Bleus au Darfour sera rehaussé pour atteindre un effectif global de quelque 17 300 hommes, décision contestée par le Soudan.
5 mai :
L'Armée de libération du Soudan, principal mouvement de la rébellion annonce accepter l'accord de paix proposé par l'Union africaine
4 mai :
Un épisode spécial de la série Urgences a été diffusé par NBC pour sensibiliser l'opinion américaine au conflit sous l’impulsion L'acteur américain George Clooney.
4 avril :
M. Jan Egeland, représentant de l’O.N.U. a été empêché par le gouvernement soudanais d'effectuer comme prévu une visite au Darfour ou de survoler cette région alors qu'il devait se rendre dans des camps de réfugiés situés au Tchad.
31 mars :
Nouvelle résolution de l'ONU qui permet de traduire les auteurs d'exactions devant la Cour pénale internationale (CPI).
28 mars :
Le Mouvement de libération du Soudan (MLS), principal groupe rebelle au Darfour, appelle les dirigeants présents au sommet de la Ligue arabe, qui s'ouvre ce même jour à Khartoum au Soudan, à « adopter une position claire concernant la crise au Darfour, en conformité avec le droit international » et à faire pression sur le gouvernement soudanais pour qu’il accepte le déploiement d’une force internationale de maintien de la paix au Darfour.
17 février :
George W. Bush préconise l'envoi d'une force de paix onusienne soutenue par l'Otan au Darfour. Elle comprendrait le double des effectifs de 7 000 hommes actuellement déployés par l'Union africaine.
3 février :
Le Conseil de sécurité de l'Onu appelle à l'élaboration de plans pour qu'une force de l'Onu se substitue au Darfour, à celle de l'Union africaine (UA).
2005
Fin 2005 :
Le bilan des morts est estimé à au moins 180 000.
18 décembre :
Attaque de rebelles tchadiens contre Adré (Tchad). Le Tchad se déclare « en état de belligérance » avec le Soudan.
20 septembre :
Formation d'un gouvernement d'union nationale à Khartoum.
Août :
Un rapport d'Amnesty International accuse Pékin d'avoir envoyé plus de deux cents camions militaires chinois au Soudan.
30 juillet :
John Garang est tué dans un accident d'hélicoptère.
8 juillet :
Retour de John Garang à Khartoum après vingt-deux ans d’absence.
1er juin :
La Cour pénale internationale ouvre une enquête sur les crimes commis au Darfour.
17 mai :
L'Otan annonce un soutien logistique à la mission de l'Union africaine au Darfour.
Mars :
Le Conseil de sécurité de l’Onu décide l’envoi d’une mission (Unmis) de 10 000 hommes pour soutenir l’accord de paix. Une résolution de l'Onu demande la comparution devant la Cour pénale internationale (CPI) des responsables de crimes de masse au Darfour.
31 janvier :
La commission d'enquête internationale sur le Soudan de l'ONU publie un rapport qui conclut que les exactions perpétrées au Darfour constituent bien "des crimes contre l'humanité", mais pas un génocide.
9 janvier :
Le gouvernement et la rébellion sudiste de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) signent à Nairobi un accord de paix final mettant un terme à vingt et un ans de guerre au Sud-Soudan. John Garang deviendra premier vice-président.
2004
18 septembre :
Le Conseil de sécurité de l'Onu menace le Soudan de sanctions s'il ne remplit pas son engagement de restaurer la sécurité au Darfour.
Août :
Arrivée des premiers éléments d'un contingent de l’Union africaine (UA), chargés de protéger les observateurs du cessez-le-feu signé le 8 avril.
30 juillet :
L'Onu adopte une résolution menaçant le gouvernement soudanais de mesures de rétorsion s'il ne met pas fin aux exactions des milices Janjawids.
23 juillet :
La chambre des représentants américaines vote à l'unanimité un texte qui dénonce le "génocide" en cours au Darfour. L’ONU estime à 30 000 le nombre de personnes tuées en quinze mois et, plus d'un million ont été déplacées par les combats. Près de 200 000 d'entre eux se sont massés dans des camps aux conditions de vie précaires de l’autre côté de la frontière tchadienne.
18 juillet:
Les rebelles quittent l'Éthiopie et réclament un autre pays d'accueil des négociations.
15 juillet:
Ouverture de négociations à Addis-Abeba entre le gouvernement soudanais et les mouvements rebelles du Darfour.
3 juillet :
A l'issue d'une visite de Kofi Annan le régime de Khartoum se dit prêt à désarmer les milices, à faciliter l'action humanitaire et à oeuvrer à un règlement politique
29-30 juin :
Visite au Darfour du chef de la diplomatie américaine. Colin Powell obtient des autorités soudanaises la promesse d'agir rapidement contre les milices.
13 mai :
Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, demande officiellement au président soudanais de désarmer les milices.
9 mai :
Le Haut commissaire de l’ONU pour les droits de l’Homme recommande dans un rapport d’examiner la part prise par le régime de Khartoum dans les crimes contre l’humanité commis au Soudan dans le Darfour.
7 mai :
L'ONU dénonce le "régime de terreur" infligé au Darfour par le régime de Khartoum et les miliciens Janjawids.
5 mai :
Les combats du Darfour débordent sur la frontière du Tchad. Des accrochages opposent des éléments de l’armée tchadienne aux milices soudanaises pro-Khartoum.
22 avril :
L’O.N.U. envoi une mission d’enquête au Darfour
8 avril :
Un accord de cessez-le-feu au Darfour est signé à N'Djamena (Tchad). Sous les auspices du président tchadien Idriss Déby, cet accord sur la région du Darfour est signé entre le gouvernement soudanais et les deux mouvements rebelles, le Mouvement de libération du Soudan (MLS) et le Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE). Les belligérants s'engagent à cesser les hostilités pour une durée de 45 jours renouvelables, à garantir l'accès de l'aide humanitaire aux populations, à libérer les prisonniers politiques et à procéder au désarmement des milices armées.
7 avril :
A l’occasion du 10e anniversaire du déclenchement du génocide des Tutsis au Rwanda, le Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, présente un plan de prévention des génocides et adresse à cette occasion un message aux autorités soudanaises leur demandant d’ouvrir les portes du Darfour aux Nations unies.
2 avril :
Un haut responsable de l'Onu qualifie de «nettoyage ethnique» la campagne de violences dans le Darfour.
17 février :
L’organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF) lance un appel au secours pour le Darfour. Selon MSF, l'une des rares ONG présentes dans la région, plus de 600 000 réfugiés sont en «extrême danger», faute d'une aide d'urgence suffisante.
13 février :
Le MLS rejoint les rangs de l'Alliance nationale démocratique (AND), qui regroupe l'opposition nordiste et de la rébellion sudiste
11 février :
Les rebelles annoncent qu’ils ont mené une offensive au Darfour pour démentir les déclarations du chef de l’État. Malgré les pertes sérieuses qu’ils ont subies lors de l’offensive gouvernementale, leurs forces paraissent toujours en état de riposter.
9 février :
Le président soudanais Omar el Béchir annonce la fin des opérations militaires au Darfour affirmant que le gouvernement à repris le contrôle de toutes les zones qui étaient aux mains des rebelles.
Fin janvier début févier :
Offensive militaire massive de l’armée soudanaise au Darfour. Les bombardements de l’aviation ont surtout touché la zone du Darfour Nord où l’activité des mouvements rebelles est la plus intense.
29 janvier :
L'aviation soudanaise tue trois personnes et en blesse quatorze dans un bombardement sur la partie tchadienne de la ville de Tiné, à cheval sur la frontière entre les deux pays.
7 janvier:
Accord entre le gouvernement de Khartoum et la rébellion du sudiste de la SPLA sur le partage des richesses (et notamment des revenus pétroliers).
2003
Mars 2003:
Début des attaques aériennes de l’aviation soudanaise contre des villages du Darfour.
Le Front de libération du Darfour devient l’Armée de Libération du Soudan (A.L.S.)
25 février 2003 :
Un Front de libération du Darfour (FLD), présidé par l’avocat Abdel Wahid Mohamed Nur, déclenche l’insurrection dans le djebel Marra. La rébellion unit cette fois la quasi-totalité des tribus « africaines » du Darfour. Fondé un peu plus d’un an auparavant, le FLD s’appuie sur les milices d’autodéfense villageoises fours.
Début 2003:
Les mouvements rebelles du Darfour [Armée/Mouvement de Libération du Soudan (A/MLS) et Mouvement pour la Justice et l’Égalité (MJE)] attaquent des installations militaires. Les rebelles veulent faire entendre leur voix alors qu’ils ne sont pas partie prenante aux accords de paix en cours de négociation entre Nord et Sud. Ils veulent également faire sortir leur région de son état de sous-développement chronique. Les mouvements rebelles se posent également en protecteurs des populations civiles de la région contre l’action des milices Janjawids. Ces milices soutenues par le gouvernement de Khartoum procèdent au «nettoyage» des zones considérées comme déloyales.
2002
10 août :
Les partis politiques soudanais qui comptaient des députés avant le coup d'État de 1989 sont à nouveau autorisés.
20 juillet :
Signature, à Machakos, au Kenya, d'un protocole d'accord visant à mettre fin à près de vingt ans de conflit au Sud Soudan.
2001Février :
Arrestation de Hassan el-Tourabi
2000Mai :
Hassan el-Tourabi est évincé du parti au pouvoir, le Congrès national (CN).
1999 :
Khartoum normalise ses relations avec l'Éthiopie, qui cesse de soutenir le SPLA.
Décembre :
Le président Béchir dissout le Parlement, présidé par son ancien allié, le dirigeant islamiste Hassan al-Tourabi.
1998 :
Bombardement par les États-unis d'une usine de produits pharmaceutiques, présentée comme produisant des armes chimiques, en riposte aux attentats anti-américains au Kenya et en Tanzanie
1997 :
Les États-unis décrètent un embargo contre le Soudan.
1996 :
L'Onu accuse le pays de soutenir le terrorisme. Expulsion du dirigeant islamiste «afghan» Oussama ben Laden.
Dans le Darfour Ouest, un conflit éclate entre «arabes» et «non arabes». Les tueries et la politique de la terre brûlée conduite par les milices «arabes» feront des centaines de morts et près de 100000 réfugiés se retrouveront au Tchad.
1995 :
L'Égypte accuse le Soudan d'être impliqué dans une tentative d'assassinat de Hosni Moubarak
1994:
Le Darfour est divisé en trois entités administratives (Nord, Sud et Ouest). Les populations non arabes, les Four notamment, qui sont agriculteurs, voient ainsi leur influence divisée entre trois entités.
Arrestation à Khartoum, par les services secrets français, du terroriste Illich Ramirez Sanchez, alias «Carlos», recherché pour un triple meurtre commis en 1975 à Paris.
1991 :
Nouveau Code pénal au Soudan, basé sur la charia
1989 :
Coup d'État du général Hassan el-Bechir, soutenu par Front national islamique, dirigé par Hassan el-Tourabi.
1987:
Premier conflits entre populations «arabes» et «non arabes» du Darfour. Apparition des milices Janjawid qui attaquent les populations non arabes. En réaction, des milices non arabes se constituent qui feront alliances avec les rebelles de la SPLA.
1986 :
Formation d'un gouvernement de coalition civil dirigé par Sadeq el Mahdi.
1985 :
Fin de la dictature du maréchal Djafar El-Nemeyri
1983 :
Début de la rébellion de l'Armée de libération des peuples du Soudan (SPLA), fondée par le colonel dissident John Garang. Cherchant des alliés auprès des Frères musulmans de Hassan el Tourabi, le maréchal Nemeyri fait promulguer une nouvelle législation s'appuyant sur la charia (loi islamique). Dans le cadre de son conflit contre le mouvement rebelle du sud Soudan (SPLA), le régime de Khartoum arme de nombreuses milices locales pour combattre les sudistes.
1978 :
Découverte de pétrole au Sud Soudan.
1972 :
L'accord d'Addis-Abeba met fin à dix-sept ans de guérilla, le sud Soudan acquérant un statut d'«autonomie».
1969 :
Dictature du maréchal Djafar el-Nemeyri.
1958:
L'armée soudanaise s'empare du pouvoir.
1956:
Indépendance du Soudan, ancien condominium anglo-égyptien. Le sud, animiste et chrétien, se révolte contre le nord musulman.